Mobilité. Anticiper la fin des moteurs thermiques
Les collectivités peuvent bénéficier d'aides pour se doter de véhicules électriques.

En France, la part des ventes de voitures électriques représentait, au 1er janvier 2023, 12,8 % du marché, selon le ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires. S’y ajoute la croissance constante des immatriculations de voitures hybrides rechargeables, soit aujourd’hui un peu moins de 9 % du marché. Constructeurs et consommateurs anticipent donc la fin de la vente de véhicules thermiques neufs, y compris les hybrides non rechargeables (HNR) et hybrides rechargeables (HR), à l’horizon 2035.
« En choisissant la mobilité électrique, les collectivités agissent pour améliorer la qualité de l’air, réduire les émissions de gaz à effet de serre et la pollution sonore liées au transport sur leur territoire », explique Avere-France, Association nationale pour le développement de la mobilité électrique.
Pour rappel, la loi d’orientation des mobilités (LOM) du 24 décembre 2019 a fixé un objectif d’accélération du verdissement des flottes publiques. Pour l’État et ses établissements publics, la part des véhicules à faibles émissions est fixée à 50 % lors des renouvellements. S’agissant des collectivités territoriales et de leurs groupements, cette part doit atteindre au moins 30 % depuis le 1er juillet 2021.
Le choix de l’électrique permet aussi de réaliser des économies. En pratique, le coût de «recharge » pour rouler 100 km apparaît trois fois moins élevé pour une voiture électrique que pour un véhicule essence (2,9 euros contre 9 euros en moyenne, et 6,7 euros pour un diesel), selon le ministère de la Transition écologique. Côté entretien, le budget des voitures électriques serait divisé par deux par rapport aux modèles thermiques, «en raison d’un nombre beaucoup moins important de pièces d’usure », précise-t-on chez Avere France.
Qui plus est, l’achat d’un véhicule électrique neuf est éligible à des aides publiques via le bonus écologique. Depuis le 1er janvier 2023, pour les personnes morales, cette aide peut atteindre 3 000 euros pour une voiture particulière neuve (article D.251-1 du Code de l’énergie), 4 000 euros pour une camionnette (article D.251-1-1 du Code de l’énergie) et 900 euros pour un deux ou trois roues ou un quadricycle (article D.251-1-3 du Code de l’énergie).
Normes anti-pollution et autonomie
Ces évolutions n’ont pas échappé aux constructeurs qui proposent désormais des véhicules électriques de plus en plus performants. Réduction de la taille et du poids des batteries, simplification de leur mode de recharge, augmentation de leur durée d’autonomie…
Les données techniques concernant les véhicules électriques sont aujourd’hui strictement réglementées. Ainsi, au niveau européen, le recours au cycle d’homologation WLTP (Worldwide Harmonized Light-Duty Vehicles Test Procedure), obligatoire depuis le 1er janvier 2019, est venu remplacer progressivement le cycle d’homologation NEDC (New European Driving Cycle).
Sont ainsi passés au crible, lors de tests en laboratoire et d’essais réalisés en conditions réelles, les niveaux de consommation, de pollution au CO et l’autonomie des véhicules électriques.
Aujourd’hui, une voiture électrique équipée d’une batterie 50 kWh, peut parcourir en moyenne 300 km après une charge complète. Certains moteurs électriques en cours de développement visent une autonomie de plus d’un millier de kilomètre. Les écarts restent cependant très élevés en fonction des modèles. Tout dépend aussi du degré d’usure de la batterie et du nombre de cycles de recharge effectués.
Développement des offres
Les progrès réalisés ne concernent pas uniquement les voitures individuelles. Les véhicules à deux ou trois roues et quadricycles commencent ainsi à séduire les communes. Il n’est désormais plus rare de voir des vélos à assistance électrique ou des scooters mis à disposition des agents. À l’instar d’Arras (62), de Vias (34) ou d’Ensisheim (68) qui ont choisi de doter leur police municipale de trottinettes électriques !
Mais c’est surtout du côté des véhicules utilitaires légers que les offres se développent le plus dans les communes. Peu bruyants, économiques et suffisamment autonomes pour effectuer des déplacements quotidiens de proximité, leur gamme ne cesse de s’élargir.
« Pour remplacer l’utilitaire diesel que nous avions, nous avons fait le choix de l’électrique afin d’économiser du carburant et limiter le CO », témoigne Bruno Almoric, maire de Montboucher-sur-Jabron (26). Acheté 30 000 euros, ce nouveau véhicule dispose de 200 km d’autonomie pour un coût de recharge de 6 euros.
À Bain-de-Bretagne (35), où le parc de véhicules au diesel affiche une moyenne d’âge de 15 ans, c’est une fourgonnette électrique qui a été réceptionnée il y a quelques semaines. «Ce premier véhicule de la série roulera chaque jour de la semaine, y compris le week-end pour les astreintes », détaille son maire Dominique Bodin, qui poursuit : «L’objectif est de passer tous nos véhicules en électrique. »
La conversion à l’électrique semble aujourd’hui s’inscrire dans le sens de l’histoire pour les collectivités. Une bonne raison de suivre de près les nouveautés proposées par les fabricants !
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Cet article a été publié dans l'édition :
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