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Maires de France
Interco et territoires
mars 2023
Intercommunalité Santé

La Mayenne personnalise ses solutions santé

Face à la détérioration de l'accès aux soins, le département déploie des actions innovantes et locales.

Par Emmanuelle Stroesser
Illustration
© Service communication du Pays de Château-Gontier
L'hôpital de Château-Gontier a ouvert, en octobre 2022, un cabinet dentaire pour prendre en charge les urgences.
Près de 10,4 % des Mayennais (sur 310 000 hab.) n’ont pas de médecin traitant. Un ratio équivalent à celui de la moyenne nationale, et déjà ancien. La situation s’est aggravée par les tensions hospitalières en 2021. C’est ce qui a poussé le conseil départemental à organiser des États généraux de la santé au printemps 2022, « pour ne pas tout attendre de la loi ou des règlements », résume son président Olivier Richefou.

Le parti pris a été de travailler vite (lire ci-dessous) et concrètement. 30 actions ont été retenues sur les 53 propositions. Le conseil départemental a adopté, le 30 juin, le plan d’action doté de 3,5 millions d'euros. Chaque action est décrite par une fiche, avec son objectif, ses indicateurs et son budget. Leur mise en œuvre est planifiée jusque fin 2023. L’évaluation est prévue tous les six mois, avec l’ensemble des partenaires, dont les contrats locaux de santé (CLS). Les 23 autres actions viendront « plus tard » car « elles ont un caractère moins immédiat ».

Parmi les actions lancées en septembre 2022, encourager le recours à des assistants médicaux (créés par la loi du 24 juillet 2019, on en compte presque 4 000 en France. L’objectif est d’en former 10 000 à l’horizon 2025). Le département prend en charge 50 % de la dépense d’aménagement d’un local quand cela est nécessaire. « Le coût pouvait être un frein. Or, ces assistants permettent de dégager du temps médical comme le recherchent les médecins », justifie le président. Six dossiers avaient déjà été déposés en ce sens par des médecins fin 2022. 

Charte de non concurrence

Autre mesure : améliorer les conditions d’accueil des internes dans les trois hôpitaux du département. Quatre véhicules électriques sont mis à disposition (dont deux sur Laval, la ville préfecture) pour faciliter les trajets des internes (notamment avec la gare). « C’est le genre de problème que l’on ne peut résoudre que s’il est remonté du terrain », note le président.

Le département négocie avec la région pour modifier l’heure d’arrivée de certains trains venant d’Angers. Ce sont des « petites choses » qui peuvent donner envie de rester. Par ailleurs, une bourse de 2 000 euros pour inciter les lycéens à faire des études de médecine existe depuis cinq ans. Entre 10 à 12 jeunes l’obtiennent chaque année. Le département veut la développer, en misant sur le compagnonnage et la publicité.

Le seul effet de la communication sur ce dispositif, grâce aux États généraux, a déjà provoqué une hausse des bourses attribuées (17 en septembre 2022). Comme pour les autres aides, le département n’exige pas de contrepartie. « On constate que les jeunes, d’eux-mêmes, reviennent plus facilement pour leur externat », relève Thomas Suarez, conseiller technique santé de proximité au département. 

Le conseil départemental subventionne aussi l’aménagement de cabinets dentaires d’urgence dans les hôpitaux. Le premier a ouvert à l’hôpital de Château-Gontier, mi-octobre 2022 car, sur la centaine de dentistes du département, aucun ne prend de nouveau patient.

Le département s’est enfin attaché à obtenir l’accord des présidents des neuf communautés de communes pour signer une charte de coopération et de non concurrence d’ici à la fin 2023. Cette mesure n’est pas issue des États généraux, mais elle s’impose comme « la suite logique » pour déployer des actions sur l’ensemble des communes.

Car certains EPCI sont « plus en avance », dotés de CLS, de communautés professionnelles territoriales de santé. L’opération a, semble-t-il, inspiré le chef de l’état qui est venu lancer, en Mayenne, le Conseil national de la refondation sur le volet santé le 10 octobre 2022, première des 250 réunions ayant eu lieu depuis sur tout le territoire. 
 

Des débats intenses
Les États généraux de la santé en Mayenne (22 février-23 mars 2022) avaient comme mot d’ordre : « ne pas aborder les sujets nationaux qui ne sont pas de notre ressort » (ex. la régulation de l’installation des médecins ; le département compte un député, Guillaume Garot, actif sur ce sujet). Cet événement a été organisé en partenariat avec l’agence régionale de santé et l’Ordre des médecins. Avec un site www.lamayenne.fr/page/egsante pour recueillir des contributions, des tables rondes ouvertes aux citoyens et professionnels, et des réunions avec les élus et les habitants des neuf communautés de communes. 

 

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Cet article a été publié dans l'édition :

n°410 - MARS 2023
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