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Europe
février 2022
Europe Ruralité

" Donner une vision à la ruralité "

Patrice Joly, sénateur de la Nièvre, est à l'initiative d'une résolution du Sénat, adoptée fin 2021, qui appelle le gouvernement à « pousser » un agenda rural européen.

Propos recueillis par I. S.
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© © @JolyPatrice
Le sénateur de la Nièvre, Patrice Joly, est également co-auteur du rapport « Ruralités : une ambition à partager. 200 propositions pour un agenda rural ».

Pourquoi faut-il profiter de la présidence française du Conseil de l’Union européenne pour valoriser la ruralité ?
Il n’y avait pas de sujets «territorialisés » dans l’ordre du jour de la présidence. On était dans le climatique, le numérique, la santé : des sujets dans lesquels se retrouvent les territoires ruraux et auxquels il faut donner une approche territoriale. Il existe un agenda urbain européen depuis 2015 ; il ne nous paraît donc pas illégitime qu’il y ait un pendant rural. Récemment, l’Insee a revu ses modalités de calcul et considère désormais qu’environ 30 % de la population française est rurale. Jusque-là, c’était 18 %, ça change un peu la donne. Au niveau européen, on a la même proportion. Il est par conséquent important qu’il y ait un récit, un message, des actions de l’Europe vis-à-vis de ces populations. Ces dernières années, on a été dans une logique de métropolisation. On a baigné dans ce cadre intellectuel, avec un vrai récit par rapport aux métropoles mais en négligeant complètement la ruralité. Cela a créé un sentiment d’abandon.

La Commission européenne a récemment présenté une «vision pour les zones rurales ». Cela ne fait-il pas office d’« agenda » ?
Ah non ! C’est très important de donner une vision, des perspectives, qu’on indique à la population rurale qu’elle est contemporaine. C’est un message fondamental. Mais derrière, comment fait-on ? Que donne-t-on comme moyens aux ruralités ? On voit que les flux de population s’accélèrent, mais si on veut les accueillir correctement, il faut traiter les enjeux de santé, d’éducation. Il faut que l’on se penche sur la façon dont les territoires ruraux peuvent mieux répondre encore à ce qu’ils offrent déjà, par exemple en matière d’alimentation, de dépollution à partir des captations de carbone dans les prairies et les forêts… Aujourd’hui, une partie de la politique agricole commune (PAC) finance la transition de ces territoires et met en place une philosophie participative avec le programme Leader. Il faut amplifier ce type de démarche. Financièrement, on reste quand même sur des «queues de cerise ».

Quelles sont les manifestations ­prévues à l’agenda du semestre pour ces territoires ?
Un événement «Ruralisons l’Europe » était prévu le 3 février à Strasbourg. Il a dû être repoussé aux 14-15 mai en raison des conditions sanitaires. On ambitionne d’avoir 800 à 1 000 personnes. À la place de l’événement du 3 février s’est tenu un webinaire qui a mis en avant la diversité de la ruralité en Europe et les mécontentements de ces territoires. Un deuxième webinaire sera organisé le 16 mars sur l’habitabilité des territoires ruraux.

 

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Cet article a été publié dans l'édition :

n°398 - FÉVRIER 2022
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