Électricité : passer au solaire
Le photovoltaïque se développe. Les collectivités de toutes tailles peuvent avoir leur projet.

En raison de la «maturité » de la filière, l’État compte d’ailleurs réduire ses aides au développement du photovoltaïque sur bâtiment, hangars et ombrières. Un projet d’arrêté, actuellement en cours de consultation, revoit, au grand dam de la filière, les modalités de soutien pour chaque segment de puissance. Il vise à favoriser désormais l’autoconsommation (production et consommation) sur les petites projets de 0-9 kilowatts crêtes [le watt-crête (Wc) est l’unité de mesure de puissance d’un panneau solaire, ndlr] et à ajuster le segment 100-500 kWc.
Choisir son projet
Avant de lancer un projet photovoltaïque, une collectivité doit avoir une idée du lieu d’implantation des panneaux (bâti, parking pour des ombrières, au sol) et surtout des bénéfices qu’elle compte en tirer : production d’électricité seule (panneaux photovoltaïques classiques) et/ou production d’eau chaude pour une consommation sanitaire et/ou de chauffage (systèmes hybrides combinant solaire photovoltaïque et solaire thermique), revente d’électricité, factures allégées, politique publique de transition énergétique de son territoire, soutien du pouvoir d’achat de ses administrés...
De la réponse dépendra le choix du projet : autoconsommation sur les bâtiments de la commune, autoconsommation collective (partage de la production avec d’autres consommateurs publics ou privés), recettes issues d’une location du lieu d’installation des panneaux... Les pistes sont multiples.
Si la commune opte, par exemple, pour une autoconsommation, le préalable sera d’examiner les factures d’électricité, les habitudes de consommation (consommation en kWh, puissance en watt des appareils, comprendre quand et comment l’électricité est consommée dans le temps – jour/nuit, été/hiver – typologie des bâtiments consommateurs, puissance électrique appelée…), le patrimoine communal (bâti à la structure adéquate, friches, foncier disponible…) susceptible d’accueillir des panneaux afin de dimensionner au mieux l’installation.
Rapport coût/puissance
Une première étude de pré-faisabilité «peut être réalisée en interne par une agence locale, une association ou un syndicat avant de faire appel à un bureau d’études si nécessaire », peut-on lire sur le site national de référence www.photovoltaique.info, qui fournit de nombreux guides et détaille les étapes d’un projet pour une collectivité. Le site rappelle que «tout projet photovoltaïque comprend une part de coûts incontournables : matériel, installation, frais de raccordement au réseau ».
Cependant, des «coûts additionnels peuvent venir grever le budget d’investissement dans des proportions variables selon la typologie et la puissance de l’installation, le degré d’ingénierie nécessaire, les travaux complémentaires à entreprendre, le mode de financement du projet... », alerte le site. «En règle générale, il vaut mieux raisonner en puissance crête des panneaux et non en surface car les recettes seront directement proportionnelles à la puissance (en 2024, compter environ 220 Wc/m2 de panneaux pour du matériel standard). Les devis ou propositions des entreprises sont donc à évaluer sur la base du coût en €/Wc, qui sera d’autant plus faible que la puissance de l’installation sera importante », peut-on encore lire sur le site.
Certifications et labels
Si la commune souhaite simplement utiliser des espaces non utilisés (terrains non constructibles, anciennes carrières, pâturages…), elle peut se tourner vers des producteurs d’électricité durable. «Plusieurs facteurs liés aux caractéristiques du terrain peuvent influer sur l’éligibilité du projet et la détermination du coût : la surface disponible ; l’ensoleillement ou l’exposition du terrain au rayonnement solaire ; l’inclinaison du terrain pour optimiser l’implantation de centrales solaires ; la proximité avec le réseau public pour le raccordement ; les zones de protection environnementales… », explique un producteur qui vante par ailleurs le côté rémunérateur d’un tel choix : «L’impôt sur les installations de production d’électricité renouvelable (IFER) est en partie reversé à la collectivité où se trouve la centrale photovoltaïque. Par exemple, un parc solaire de 20 MW peut rapporter plus de 60 000 € par an à la collectivité, dont au moins 20 % directement à la commune », promet-il.
Pour s’y retrouver parmi les nombreux acteurs, il existe diverses qualifications et certifications types Qualibat (bâtiment), Qualit’EnR (énergies renouvelables), Qualifelec (électricité), label Reconnu garant de l’environnement (RGE). Il est possible d’exiger un tel niveau ou équivalent (toujours indiquer cette mention pour ne pas défavoriser certains candidats) dans une procédure de marchés publics.
En amont de la procédure, des guides sont accessibles en ligne sur les sites spécialisés de l’Ademe, de la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR), du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), de l’Agence Qualité Construction (AQC), des organismes regroupant les professionnels de la filière comme le Syndicat des énergies renouvelables (SER) ou le Syndicat des professionnels de l’énergie solaire (Enerplan).
À noter : l’association Amorce a édité un guide « L’élu et le photovoltaïque » qui aborde, outre les données propres au photovoltaïque, toutes les problématiques liées aux documents d’urbanisme et au patrimoine protégé.
Cet article a été publié dans l'édition :
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