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mai 2022
Social

Il héberge les victimes de violences conjugales

Maire d'Ambérieu-en-Bugey (Ain, 14 514 habitants), Daniel Fabre a transformé un local communal en studio d'hébergement d'urgence.

Sophie Le Gall
Illustration
Daniel Fabre, maire d'Ambérieu-en-Bugey (Ain, 14 514 habitants) : " Cet accueil fait l'objet d'une contractualisation entre la commune et la bénéficiaire. "
Nous avons ouvert le studio en octobre 2021 et depuis, il a toujours été occupé », constate, mi-satisfait mi-affligé par l’importance de cette fréquentation, Daniel Fabre, maire d’Ambérieu-en-Bugey (Ain). Le studio en question, de 37 m2, propriété de la commune, avait longtemps été utilisé comme bureau annexe puis comme local associatif avant d’être inoccupé. Une aubaine pour la commune qui avait «  depuis un moment dans ses cartons » le projet de proposer à des femmes isolées en rupture de logement, notamment dans le cas de séparation conflictuelle ou de violences conjugales, un hébergement d’urgence, à la fois facilement accessible et sécurisé grâce à la surveillance de la gendarmerie.

«  Nous avons pu entrer dans le concret en 2019 quand la région Auvergne-Rhône-Alpes a lancé un appel à projets pour favoriser la création d’hébergements d’urgence à destination des femmes victimes et leurs enfants (NDLR : la région Auvergne-Rhône-Alpes a annoncé la mise en place d’un fonds d’investissement de 1 million d'euros puis de 2 million d'euros en 2020 avec l’objectif de 300 logements d’urgence supplémentaires construits en 2021). Cet appel à projets est tombé à pic car nous avions de plus en plus de remontées d’informations, via notre centre communal d’action sociale (CCAS), sur des situations préoccupantes. L’aide de la région fait que la mise en place de ce dispositif a été très peu coûteuse pour la commune », explique l’élu.
 

Un accueil qualitatif mais temporaire

« Nous avions les murs, et le soutien de la région, d’un montant de 15 000 euros, nous a permis d’aménager le studio très confortablement. Une femme peut arriver les mains vides, ce qui est courant dans l’urgence, et tout trouver à sa disposition. Elle peut ainsi faire face à sa situation sans avoir à se soucier de préoccupations matérielles », complète Sylvie Sonnery, adjointe déléguée à la cohésion sociale et à la solidarité.

Le studio, dont l’occupation est gérée par le CCAS, est proposé aux femmes, avec ou sans enfant, pour une durée de deux mois maximum, le temps qu’une autre solution d’hébergement soit trouvée. «  J’ai tenu à ce que cet accueil fasse l’objet d’une contractualisation entre la commune et la bénéficiaire, avec une participation de cinq euros par jour. En matière d’action sociale, personne n’a quelque chose à gagner au «t out gratuit » », précise Daniel Fabre.

Avant l’ouverture du studio, le CCAS réorientait les personnes en difficulté vers le 115 «  avec, dans le meilleur des cas, un hébergement d’une nuit loin d’Ambérieu, les lieux d’hébergement étant souvent pensés pour les hommes isolés », remarque son adjointe. Toujours dans l’objectif de proposer un accueil qualitatif et avec la volonté de «  faire preuve de souplesse et de n’écarter personne », la commune autorise les bénéficiaires à emmener avec elles leur animal de compagnie.

Daniel Fabre est satisfait que son initiative s’inscrive dans une dynamique plus globale. «  Ces dernières années, la lutte contre les violences conjugales dispose de davantage de moyens et d’acteurs, par exemple les intervenants sociaux en commissariat ou en gendarmerie. Les bailleurs sociaux se positionnent, eux aussi, sur le volet de l’hébergement d’urgence. Sur notre secteur, le bailleur Dynacité met à disposition des appartements. Notre maison France services apporte sa pierre à l’édifice en proposant un accompagnement au dépôt de plainte. Nous pouvons aussi compter sur des associations très engagées, à l’instar de l’association De l’ombre à la lumière située sur notre commune. Vu l’ampleur des besoins, il est essentiel que nous agissions tous dans la complémentarité », se félicite-t-il.

L'action en bref
• L’hébergement d’urgence dans le logement de la commune est de deux mois maximum.
• Une convention est passée avec l’occupante. Le loyer est de cinq euros par jour.
• Une action au budget maîtrisé, la ville étant propriétaire des murs.
• Une action qui s’inscrit dans une dynamique globale à l’échelle de la région et qui s’appuie sur un large réseau de partenaires.
• La solution répond bien à un besoin : le logement est tout le temps occupé.  
En savoir + : Mairie d’Ambérieu-en-Bugey, Hôtel de ville, Place Robert Marcelpoil, 01500 Ambérieu-en-Bugey. Tél. 04 74 46 17 00.

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Raccourci : mairesdefrance.com/1443
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Cet article a été publié dans l'édition :

n°401 - MAI 2022
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