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Maires de France
Pratique
avril 2022
Energie

Travailler avec... une agence locale de l'énergie et du climat

Envie de réduire la consommation d'énergies de votre commune ? L'agence locale de l'énergie et du climat (Alec) vous conseille et vous accompagne.

Thierry Butzbach
Illustration
Les élus de la commune de Saint-Trimoël (22) ont choisi de suivre 75 % des préconisations de l'Alec, notamment lors de la rénovation de la salle polyvalente.

 

Missions. La création de la première agence locale de l’énergie et du climat (Alec) remonte à 1996. Mais il a fallu attendre la loi «  Climat et résilience » du 22 août 2021 pour voir préciser les missions de ces associations. Selon l’article L. 211-5-1 du Code de l’énergie, les Alec sont donc «  des agences d’ingénierie partenariale et territoriale à but non lucratif » pilotées par les collectivités.

Leur mission est de participer à la définition des stratégies locales énergie-climat en lien avec les politiques nationales, et de faciliter la mise en œuvre des politiques énergie-climat locales par l’élaboration et le portage d’actions et de dispositifs permettant la réalisation des objectifs. Au total, on dénombre 40 Alec au service de 6 610 communes ainsi accompagnées.
 

Interview
Franck Sentier, délégué général de FLAME*
« Une Alec naît d’une volonté politique locale. C’est d’ailleurs un élu du territoire qui préside chaque association. Une Alec n’a pas de but lucratif et ne se substitue aucunement aux bureaux d’études : nous intervenons en amont pour identifier les enjeux, définir la stratégie et aider au déploiement des projets. Nous conseillons mais ce sont les élus qui décident.

La FLAME anime le réseau des Alec, en favorisant la diffusion des bonnes pratiques, et en aidant à la création de nouvelles Alec. »

* Fédération des agences locales de maîtrise de l’énergie et du climat.


Organisation. En plus d’une activité de conseil auprès des citoyens pour les aider à rénover leur habitat, les Alec accompagnent les collectivités adhérentes dans leur stratégie globale d’économie d’énergie et de réduction des gaz à effet de serre, depuis les projets de rénovation de bâtiments communaux jusqu’à l’élaboration d’un plan climat air-énergie territorial (PCAET).

Les collectivités importantes disposent souvent de ces ressources en interne. Mais comme les petites communes n’ont pas les moyens d’avoir un ingénieur thermicien à demeure, l’Alec permet de mutualiser les ressources : plusieurs communes adhérentes font appel ainsi à un conseiller en énergie partagé (CEP).

En plus des cotisations des collectivités membres, les Alec perçoivent également des subventions de l’Ademe, des départements et des régions. Leur taille varie de trois à quatre personnes jusqu’à une trentaine pour les plus importantes (comme à ­Grenoble, Lyon ou Brest).
 
Actions. Dans le cadre d’une convention entre l’Alec et la commune, le conseiller en énergie partagé (CEP) analyse, chaque année, la consommation et les dépenses énergétiques de la commune (éclairage public, chauffage des bâtiments publics, gasoil des véhicules des services techniques…).

Bilan et diagnostics à partir desquels il préconise des actions pour améliorer la sobriété énergétique de la commune. Selon le choix des élus, il aide à structurer le projet et peut participer à la recherche de financement. Sans jamais pour autant devenir maître d’œuvre.
 

Saint-Trimoël (22) réduit de 19 % sa consommation d’énergie
Saint-Trimoël (544 hab., Côtes-d’Armor) a adhéré à l’Alec du Pays de Saint-Brieuc en 2016. Sa cotisation s’élève à 0,86 € par habitant. Depuis, elle bénéficie du suivi d’un conseiller en énergie partagé (CEP) qui réalise, chaque année, un bilan et une analyse des consommations et dépenses énergétiques.

Pour les réduire, les élus de la petite commune ont choisi de suivre 75 % des préconisations de l’Alec, conduisant successivement plusieurs chantiers sur les équipements de chauffage à la mairie et à l’école, ainsi que lors de la rénovation de la salle polyvalente. «On a modernisé la vieille chaudière au fioul et installé des dalles chauffantes au plafond », explique le maire, Joël Lucienne.

Un éclairage LED a aussi été déployé dans la mairie et le passage en semi-permanent de l’éclairage public (extinction nocturne) a permis de réduire les consommations d’électricité. Enfin, la mise en place d’un suivi rigoureux des véhicules révèle également une baisse des consommations de carburant (gazole).

Au final, Saint-Trimoël peut s’enorgueillir d’avoir diminué de 19 % sa consommation d’énergie par rapport à la moyenne établie de 2015 à 2017.
Contact :
• Fédération des agences locales de maîtrise de l’énergie et du climat (FLAME). Tél. 01 75 21 22 61.
[email protected] ou www.federation-flame.org

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Cet article a été publié dans l'édition :

n°400 - AVRIL 2022
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