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Maires de France
Interco et territoires
juillet 2022
Intercommunalité Transports, mobilité, voirie

Linggo, un service de mobilité pour tous

En matière de transport en milieu rural peu dense, il n'y a pas de fatalité au Pays de Langres (52). Son service à la demande répond aux besoins des habitants.

Frédéric Ville
Illustration
© PETR Pays de Langres
Plébiscité par les ­personnes âgées, le transport à la demande coûte 3 euros le trajet, subventionné par la région Grand Est.
En 2021, Linggo, le transport à la demande (TAD) en Pays de Langres (168 communes, 47 000 hab., Haute-Marne), construit patiemment depuis 2008 vers les villages, la gare et les chantiers d’insertion, comptait 6 067 usagers. Moins bien qu’avant la crise sanitaire (8 000 usagers) mais mieux qu’en 2020 (5 223 usagers).

Alors que la compétence mobilité était départementale à la fin des années 2000, après un peu de benchmarking dans des secteurs peu denses et similaires, le Syndicat mixte des transports du Pays de Langres (SMTPL) opte pour le TAD : « On a alors structuré l’ensemble par un numéro vert d’appel unique (0800 330 130) pour des réservations de trajet la veille pour le lendemain », explique Sylvie Baudot, vice-présidente du pôle d’équilibre et territorial rural (PETR) du Pays de Langres, lequel a repris la compétence mobilité le 1er janvier 2022. 

Dès 2008, l’offre de transport était proposée deux jours par semaine : une matinée et un après-midi. En 2010, le TAD s’élargit à quatre demi-journées par semaine : mercredi après-midi, jeudi matin, vendredi matin et samedi après-midi. C’est la fin des cars de 40-50 places roulant quasi à vide avec, en lieu et place, des minibus de 5 ou 9 places, pris en charge par des sociétés de taxis ou de transport locales. « Ce TAD amène les personnes vers les bourgs-centres de Saints-Geosmes, Langres et Chalindrey (tous les jeudis matin uniquement lors du marché pour ce village), les commerces et services (formation, Pôle emploi, maison France services, maisons de santé…) », apprécie Sylvie Baudot. 
 

Subventions de la région Grand Est

Le tarif unique de 3 euros le trajet (6 euros l’aller-retour) est subventionné par la région Grand Est, à hauteur de 50 % du déficit d’exploitation avec un plafond à 55 000 euros. « L’offre attire toutes les catégories socio-professionnelles et d’âge, à savoir une majorité de personnes âgées, mais aussi des personnes plus précaires (mères de famille qui ne disposent pas de deux voitures, enfants pour rejoindre leurs parents séparés…) », précise Didier Riquet, coordinateur de la mobilité au PETR.

Ce n’est pas le seul TAD. Depuis fin 2011, un service dessert, matin et soir, la gare de Culmont-Chalindrey (Langres), également subventionné par la région Grand Est, à hauteur de 95 % du déficit d’exploitation avec un plafond à 70 000 euros. 

Il s’adresse à un public familial et aux seniors (desserte des thermes de Bourbonne-les-Bains). «Il nous faut à la fois permettre aux habitants de sortir du territoire et être attractifs pour des personnes extérieures », note Sylvie Baudot.

Enfin, l’offre s’est enrichie en 2014 avec une ligne solidaire desservant depuis Langres des chantiers d’insertion permanents (situés à Vaillant avec une aide du département) ou ponctuels (Franchises, Le Pailly, Cohons).

En 2016, le SMTPL a créé un kiosque mobilité à Langres où chacun peut se renseigner, acheter des billets SNCF ou de transports urbains. Un agent mobilité y accueille 100 à 120 personnes par mois du lundi au vendredi, de 8h00 à 12h00 et de 13h00 à 16h00, soit 35 heures par semaine.

En 2020-2021, lors d’ateliers avec des représentants d’usagers, de la société civile, des pôles administratifs et des associations d’usagers pour réfléchir au plan de mobilité partagée porté par le PETR, émerge la demande d’une journée complète de TAD, en sus de Langres, Saints-Geosmes et Chalindrey.

Cette journée sera effective pour une demi-douzaine de bourgs supplémentaires à partir de septembre 2022. Cerise sur le gâteau, le TAD se renforce, avec le recrutement de Didier Riquet, en 2019, et l’achat, fin 2020, d’un logiciel (Padam Mobility) pour gagner du temps à la prise de commandes : base de données, feuille de route envoyée au prestataire, géolocalisation des véhicules facilitant les réservations de dernière minute, etc.  
 

Quel financement ?
Le budget de fonctionnement du transport à la demande du Syndicat mixte des transports de Langres représente, en 2021, 150 000 € (équivalent au montant du marché de prestataire) pour 84 000 km parcourus, hors charges générales (gestion des réservations, publication de marchés…) et masse salariale, mutualisées avec les autres besoins de mobilité. Les recettes de fonctionnement s’élèvent à 18 000 € pour la billetterie et à 74 000 € pour les subventions du Grand Est, hors contributions des EPCI.

 

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Cet article a été publié dans l'édition :

n°402 - JUIN 2022
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