Gens du voyage : la valeur ajoutée d'un syndicat mixte entre EPCI
Le Symghav apporte à dix intercommunalités un service complet, dont l'accompagnement social, grâce à quinze agents spécialisés. Résultat : un climat apaisé.

La méthode
Selon Rémi Boyer, «la gestion en régie par les EPCI n’est pas adaptée car la connaissance du public, très divers et souvent difficile, nécessite une expertise que n’ont pas leurs agents. Chaque communauté de voyageurs a ses habitudes et ses croyances auxquelles il faut savoir s’adapter ». Même chose pour bon nombre d’EPCI qui n’en ont bien souvent pas les moyens.
Créé en 1994, le Symghav n’était au départ qu’un syndicat intercommunal à vocation unique (Sivu) entre quelques communes, puis il s’est transformé en syndicat mixte en 2006. «Il constitue un outil souple et peu coûteux pour les collectivités », juge son président. Le syndicat gère douze aires d’accueil pour un total de 295 places avec quinze agents (techniques et sociaux).
« Face à une compétence lourde et compliquée pour nous, la gestion par le Symghav constitue une très bonne solution », estime Dany Boyer, présidente de la CC du Pays de Limours (CCPL, 91), adhérente au syndicat.
Le fonctionnement
Les agents du Symghav passent deux fois par semaine dans chaque aire. «Une présence de terrain essentielle car il faut toujours rester très vigilant et réagir vite en cas de problème », insiste Rémi Boyer. La paupérisation des familles entraîne souvent des comportements conflictuels comme le refus de payer les fluides (eau et électricité). L’une des valeurs ajoutées fortes du syndicat est l’accompagnement social pour favoriser l’accès aux soins et aux droits, l’insertion, la médiation avec les organismes (Caf, Pôle emploi, mairie…), sans oublier la scolarisation des enfants.
Côté financier, le Symghav, avec un budget annuel de 2 millions d'euros, prend en charge toutes les dépenses de fonctionnement alors que les adhérents assurent les dépenses d’investissement (construction ou réparation) avec, si besoin, le conseil du syndicat. Le fonctionnement revient par an à 2 322 euros la place, tout compris, «un coût ayant bien baissé depuis 2020. Auparavant, il dépassait 3 000 euros, précise Rémi Boyer. Nous sommes devenus très compétitifs grâce à une gestion resserrée et une implication plus forte des élus. »
Les résultats
L’effet taille permet d’avoir des relations avec tous les acteurs institutionnels comme la préfecture, le département (notamment avec l’Essonne sur le RSA) ou Enedis (pour d’éventuelles coupures à distance de branchements électriques sauvages). L’expérience du syndicat permet d’anticiper des situations critiques : stationnements illicites, déscolarisation, violences, précarité…
« Il accompagne les gens du voyage comme les élus afin que le dialogue entre eux se passe au mieux, et que chaque situation trouve une solution apaisée », souligne Rémi Boyer. L’élu évoque de «bons résultats » avec des aires quasiment occupées toute l’année. De plus, la population connaît bien les agents et des liens de confiance ont pu se créer.
Les relations sont également bonnes et régulières avec les EPCI et les communes ayant une aire. S’y ajoute une étroite collaboration avec les forces de l’ordre de chaque collectivité et chaque élu. Et tout cela avec des tarifs en baisse !
La loi n ° 2017-86 du 27 janvier 2017 a étendu cette compétence aux terrains familiaux locatifs et aux aires de grand passage. La loi n° 2018-957 du 7 novembre 2018 sur l’accueil des gens du voyage clarifie les compétences et les obligations entre communes et EPCI.
Cet article a été publié dans l'édition :
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