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juillet 2021
Citoyenneté

Loos-en-Gohelle implique ses habitants pour aménager la ville

La commune du Pas-de-Calais vient de fêter les 20 ans de son dispositif « Fifty-Fifty » qui permet de co-construire des projets avec les citoyens. Par Éric Delon

Illustration
© Ville de Loos-en-Gohelle
Parmi les projets emblématiques du dispositif, la réalisation d'un skate-park par des jeunes de 11 à 14 ans.
Lorsqu’il est élu maire de Loos-en-Gohelle en 2001, Jean-François Caron imagine une transition qu’il souhaite «  démocratique » et «  solidaire », qui serait initiée par les habitants de cette commune du Pas-de-Calais (6 700 habitants) et «  propulsée » par les pouvoirs publics. Il conçoit un dispositif de co-construction de projets avec les citoyens, son équipe municipale et les services, baptisé « Fifty-Fifty ».

« Nous nous sommes engagés à l’époque dans la construction d’un territoire qui avait pour objectif de répondre aux exigences du développement durable. Il devait être plus inclusif et plus attractif grâce à la promotion de l’initiative citoyenne, de l’innovation et du pouvoir d’agir des habitants. C’est la “charte du cadre de vie”, publiée en 2000, qui a servi de point de départ de cette politique transversale de développement durable », résume Antoine Raynaud, directeur de cabinet de Jean-François Caron.

 
Destiné à favoriser, soutenir et développer les initiatives des habitants, le dispositif « Fifty-Fifty » repose sur trois principes : une idée-un projet, un appui de la commune après analyse de la demande et la signature d’une convention. « Lorsque les Loossois, que ce soit des citoyens, un groupe d’habitants ou une association, ont une idée ou une revendication destinée à améliorer le cadre de vie, ils sont invités à saisir la commune », explique Antoine Raynaud. 
 

Cinq à six projets par an

S’ils s’engagent à la mettre en œuvre et à en assurer la pérennité, via le respect de la convention (symbole de la responsabilisation des citoyens), la municipalité accompagne sa réalisation en soutenant financièrement et techniquement le projet. « En revanche, la réalisation et la ­gestion doivent être effectuées par les demandeurs ou avec la commune dans une optique partenariale », précise le directeur de cabinet. 
Depuis le lancement de l’outil, plusieurs centaines de Loossois se sont impliqués dans les « Fifty-Fifty » pour une moyenne de cinq à six projets par an.

Exemples : construction d’un skate-park par des jeunes de 11 à 14 ans, installation de panneaux solaires sur la toiture d’une église, rénovation des vestiaires du club de basket, ramassage géant de déchets lors d’une grande marche nordique sur les terrils, etc. « Il s’agit d’un outil d’éducation populaire qui implique aussi bien les habitants, les élus et les services qui s’engagent dans ces projets et éprouvent parfois la difficulté de faire du collectif », analyse Antoine Raynaud.

Si, depuis la mise en place du dispositif, les habitants se sont parfois heurtés à certaines limites budgétaires, l’exemple de la rénovation des chemins ruraux par les agriculteurs a permis d’économiser 70 % de la dépense globale. « Nous avons pu refaire les chemins pour 30 000 euros grâce aux machines, bennes et travail de ces derniers », se réjouit Antoine Raynaud qui rappelle que les budgets affectés à « Fifty-Fifty » sont prélevés majoritairement sur les services techniques.

Même s’il reconnaît que le dispositif est une charge supplémentaire de travail pour les services et les élus, Antoine Raynaud se félicite de l’engouement citoyen autour de cette démarche participative qui s’est traduit notamment par un doublement du nombre d’associations depuis vingt ans. 
 

Un projet, des prérequis
Pour être soutenu par la mairie, le projet doit être un projet d’intérêt général ; concerner le domaine ou le patrimoine public communal ; contribuer à l’amélioration du cadre de vie, rechercher l’embellissement ou la sécurisation des espaces, la qualité environnementale, la propreté, l’entretien et la convivialité d’espaces publics, etc. Dans un «référentiel loossois de l’implication citoyenne » (https://bit.ly/34EBex9), publié en mars 2020, la commune fait notamment un bilan de ce dispositif participatif qui, souligne-t-elle, ne doit pas «remplacer les services publics » ni doublonner avec les projets de la mairie.
Contact
Mairie. Tél. 03 21 69 88 77. www.loos-en-gohelle.fr

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Cet article a été publié dans l'édition :

n°392 - Juillet - Août 2021
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