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Maires de France
Solutions locales
décembre 2021
Développement économique

À La Rochelle, la cité de l'emploi mise sur la proximité

Dans un quartier rochelais (17), un dispositif d'insertion professionnelle aide les femmes, les jeunes et les seniors.

Emmanuelle Stroesser
Illustration
Une référente suit le parcours de femmes qui rencontrent des difficultés pour aller vers l'emploi.
Sur le papier, la Cité de l’emploi de La Rochelle (78 264 hab., Charente-Maritime) n’est pas un dispositif national de plus (lire ci-contre). Ses acteurs le confirment. C’est d’ailleurs ce qui les a motivés à se lancer dans la démarche. C’est un «nouveau modèle de coopération » entre acteurs de l’emploi et de l’insertion, au cœur des quartiers de la politique de la ville. En l’occurrence, l’un de ceux de La Rochelle, Villeneuve-les-Salines, qui est aussi l’un des 12 sites pilotes retenus au niveau national pour la dureté de leurs indicateurs, dont le taux de chômage des jeunes, des femmes et des seniors.

Le principe de la Cité de l’emploi est de «compléter le travail des partenaires », explique Hanane El Yahyaoui. C’est l’une des deux référentes qui, dans ce quartier, incarnent la Cité de l’emploi. Car il n’y a pas de bâtiment ad hoc. Mais des personnes, polyvalentes, en contact permanent avec les habitants qu’elles accompagnent et un réseau de partenaires «qui se font confiance ». Un financement de l’État de 100 000 € a permis leur recrutement, sur des postes à temps plein.

Hanane El Yahyaoui s’occupe des jeunes, les 16/25 ans, qui sont «prêts à l’emploi ». Sa collègue, Christelle Kerleau, se consacre aux seniors (au-delà de 50 ans) et aux femmes qui n’entrent pas dans d’autres dispositifs en raison de différentes problématiques. Leur accompagnement peut durer des mois. C’est elles qui en décident. L’employeur d’Hanane El Yahyaoui est le CCAS de La Rochelle, qui porte aussi le programme de réussite éducative pour les jeunes. Christelle ­Kerleau est rattachée à la régie de quartier Diagonales, également chargée de la coordination de la démarche au quotidien. Le troisième copilote, c’est l’État, avec la direction départementale de l’Emploi, du travail et de la solidarité.
 

Souplesse et réactivité

Ce triple portage est important «car cela ouvre des portes, à condition d’aller frapper à ces portes », glisse Hanane El Yahyaoui. Le maillage serré entre ces partenaires et tous les autres (mission locale, Pôle emploi, CAF, centre social… ), qui se réunissent toutes les six semaines, permet d’éviter les doublons.

Les référentes ont toutes deux un lieu de permanence (à la mairie de quartier de Villeneuve-les-Salines ou à la régie), mais elles sont le plus souvent dehors, toujours joignables, et se rendent au domicile des personnes qui le souhaitent. Hanane El Yahyaoui suit une vingtaine de jeunes. Christelle Kerleau une vingtaine de femmes et une douzaine de seniors. «On prend le temps de connaître leur histoire. » Car leur plus-value est d’offrir un accompagnement global et de devenir leur référente unique. Celles à qui l’on fait confiance. Leurs «cartes joker », ce sont la disponibilité, la souplesse, la réactivité et leurs contacts privilégiés au sein du réseau de partenaires.

Les deux femmes s’appuient sur le droit commun et les compétences de chacun. «On ne perd pas une semaine à remplir et à transmettre une fiche de liaison », schématise Christelle Kerleau. L’autre plus-value de l’expérimentation, c’est le fonds d’urgence (lire ci-dessous).
Les personnes qu’elles suivent se sont souvent «éjectées » d’un système, en raison de la complexité des démarches. «Sans compter la dématérialisation, une catastrophe quotidienne, assure Christelle Kerleau. On est efficace quand on connaît toutes les contraintes et les possibilités d’une personne ». «J’ai fait du porte-à-porte avec des jeunes pour déposer des CV auprès d’entreprises », raconte Hanane El Yahyaoui. «Ma présence les rassure, je les encourage et je les soutiens. » À la régie de quartier, Christelle Kerleau s’occupe aussi de régler les problèmes (comme la garde d’enfants) qui empêchent des femmes d’aller vers l’emploi, la quasi-majorité étant des femmes seules.
 

Un fonds d'urgence
Le fonds d’urgence dédié à l’emploi peut être sollicité «quand il faut pallier le défaut ou les lenteurs du droit commun » pour «débloquer une situation » et «éviter de rater une étape, juste parce qu’on aurait dû attendre un mois pour avoir des financements », expliquent les ­référentes de la Cité de l’emploi. Ce fonds est géré par l’État, le CCAS et la régie de quartier. Les référentes y ont eu recours une dizaine de fois en un an, pour financer trois BAFA, un cours d’anglais, des heures de permis, de l’aide à la mobilité, la garde ­d’enfants, pallier le défaut de revenu dans l’attente d’une formation.
Contact : Régie de quartier Diagonales. Tél. 05 46 52 32 00.

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