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Maires de France
L'actu
29/08/2025
Agriculture Développement économique Écoles, éducation, alimentation

Les régions "particulièrement préoccupées" par le budget 2026

L'association Régions de France rappelle le rôle fondamental de cette strate de collectivités en matière d'éducation et de formation et donc de "performance sociale et économique" des territoires. Les régions comptent aussi sur les communes pour sécuriser les abords des lycées.

Par Bénédicte Rallu
François Bonneau, le président de la commission Éducation, Orientation, Formation et Emploi de Régions de France et Valérie Debord, présidente déléguée de la commission Formation-Emploi, préoccupés par le budget 2026 et les doublons, lors de la conférence de presse de rentrée de l'association le 28 août 2025.
© BR pour Maires de France
François Bonneau, le président de la commission Éducation, Orientation, Formation et Emploi de Régions de France et Valérie Debord, présidente déléguée de la commission Formation-Emploi, préoccupés par le budget 2026 et les doublons, lors de la conférence de presse de rentrée de l'association le 28 août 2025.
L’association Régions de France a fait sa rentrée le 28 août sur le sujet de l’éducation et de la formation, «deuxième poste de dépenses » de ces collectivités (7,9 milliards d’euros en 2025), a mis en avant François Bonneau, le président de la commission Éducation, Orientation, Formation et Emploi et président de la Région Centre-Val de Loire, lors d’une conférence de presse organisée au siège de l’association à Paris.

Assurer l'égalité des chances

Cette «compétence cardinale » des régions permet «d’assurer la performance sociale et économique de nos territoires. (…) L’enjeu est donc considérable ! L’école reste le creuset où la République doit assurer l’égalité. Tout ce qui est fait pour les lycées, la formation, l’orientation, l’accès au savoir par l’accès aux équipements informatique, à des repas équilibrés, l’action éducative [concourt] à l’égalité des chances, à l’égalité dans l’accès à la formation. Nous sommes donc préoccupés par le budget 2026. Les moyens ne peuvent pas être retirées aux régions », introduit François Bonneau.

L’un des enjeux porte sur la sécurisation des établissements. Selon Kamel Chibli, président délégué de la commission Éducation-Orientation de Régions de France, vice-président de la région Occitanie, «80% à 90% des établissements sont aujourd’hui sécurisés ». Les plans particuliers de mise en sûreté (PPMS), la vidéoprotection sont en place. Mais nous «demandons l’aide des communes et des intercommunalités pour sécuriser les abords des établissements, notamment en terme d’aménagement ».

Des formations en adéquation avec les besoins des entreprises

Sur le plan économique, les régions ont adapté la carte des formations «pour être en adéquation avec les emplois » et les besoins locaux (dans l’industrie, le numérique…), a indiqué Valérie Debord, présidente déléguée de la commission Formation-Emploi de l’association et 1ère vice-présidente de la Région Grand Est. «Nous travaillons avec les branches professionnelles, par bassin de vie, et avec les autorités académiques ».

« Quelques irritants » subsistent toutefois, en particulier la création des bureaux des entreprises dans les lycées professionnels qui s’est fait «sans associer les régions ». De même sur l’orientation des jeunes - «sujet très anxiogène pour les familles » - une plateforme nationale a été mise en place par l’Onisep sans les régions. «Cela crée des doublons et donc des doublons de dépenses », déplore Valérie Debord. 
Régions de France a signé une charte en juillet 2025 avec la ministre de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne, pour articuler les responsabilités de chacun et garantir la complémentarité des missions entre l’État et les régions sur l’éducation, l’orientation, l’information sur les métiers.

Produits des territoires

Autre grand enjeu avec un impact fort sur les territoires : la restauration scolaire avec une alimentation saine. La loi Egalim oblige la restauration collective à utiliser, depuis 2022, 50% de produits durables et/ou de qualité, dont au moins 20% de produits biologiques. Le bilan des régions est de respectivement 20,9% et 11,1% en 2025. «Ce qui compte, c’est la trajectoire haussière », pour François Bonneau, car cela implique la mise en place de politiques publiques de développement de l’agriculture dans ce sens, d’avoir des fournisseurs, la mise en place de plateformes d’achats, de marchés allotis, de commandes stables, d’installation de légumeries pour pouvoir transformer les légumes bruts, de formation des chefs dans les cantines, des responsables achats dans les établissements, etc.

« Il s’agit d’une belle progression et je pense que l’objectif des 50% de produits de qualité dans les cinq ans est tenable, ajoute-t-il. Les régions travaillent fortement avec les autres collectivités sur ces questions car les fournisseurs ne travaillent pas selon une logique de strates de collectivités. Il y a souvent une dimension communale. Quand la région finance une cuisine centrale comme à Tours, nous imposons de construire également une légumerie. Il faut arriver sur ce sujet à penser territoires. Si le bio est contradictoire avec la proximité, on se trompe ! L’essentiel du bio doit être produit sur les territoires ». 

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