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novembre 2022
104e Congrès de l'AMF 2022 AMF Écoles, éducation, alimentation

L'organisation de l'école à la croisée des chemins

Les maires ont débattu des objectifs, défis et contraintes pour « préparer l'école de demain ! », tout en soulignant la nécessité d'améliorer le partenariat avec l'Éducation nationale.

Par Emmanuelle Stroesser.
Illustration
© Aurélien Faidy
Le bâti scolaire et les différents intervenants dans l'école (ATSEM et accompagnants d'élèves en situation de handicap) étaient les deux thématiques du forum consacré à l'école et auxquelles les élus locaux sont attachés.
Qu’est-ce qui fait courir les maires ? L’école ? La présence d’un ministre ? Les deux ? Le forum consacré, le 22 novembre, à l’organisation de l’école a en tout cas connu une affluence record, à la grande satisfaction de Frédéric Leturque, maire d’Arras (62), et de Delphine Labails, maire de Périgueux (24), co-présidents de la commission éducation de l’AMF. Les maires avaient envie d’échanger avec Pap Ndiaye, ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse, qui s’est prêté au jeu près de trois heures durant.
 

Bâti scolaire : de la rénovation à la reconfiguration

Investir dans l’école est une priorité que les élus ne remettent pas en cause. Quel que soit le contexte conjoncturel. L’enjeu, énorme, consiste à rénover un bâti vétuste, rendre des locaux accessibles aux élèves en situation de handicap, les adapter au développement du numérique, en adaptant les investissements aux priorités nationales (dédoublement des classes, par exemple) et à la transition écologique (rénovation thermique des bâtiments, sobriété énergétique).

Petites et grandes communes sont concernées. Mais elles ne disposent pas des mêmes moyens. «La rénovation énergétique nous coûte 160 000 euros d’investissement par bâtiment. Même avec 80 % d’aide, cela reste lourd pour une petite commune », a illustré la maire de Vignon-en-Quercy (46), Marielle Alary.

Quand le maire de Lyon (69), Grégory Doucet, annonce 300 millions d’euros d’investissement pour des écoles à haute valeur environnementale, cela «fait rêver » le maire de Saint-Philippe (La Réunion). Olivier Rivière cherche en effet toujours à financer son «plan école 2030 ». Il a bien tenté de bénéficier des crédits du plan de relance européen. Mais les conditions d’accès sont trop rigides.

Les maires demandent donc un plus grand accompagnement de l’État, des aides «plus adaptées » (notamment aux particularités de l’insularité), et une meilleure coordination avec l’Éducation nationale s’agissant des investissements numériques, pour éviter, par exemple, que des tablettes «se retrouvent au fond d’un placard » au moindre changement d’équipe enseignante !, a souligné un élu.
 

Utiliser les crédits

« La rénovation thermique nous intéresse au premier chef » et l’État s’engage à «contribuer pour les petites communes » par de nouvelles aides, leur a répondu le ministre, l’État créant, l’an prochain, un Fonds vert doté de deux milliards d’euros.

Pap Ndiaye les encourage aussi à solliciter le fonds d’innovation pédagogique, doté de 500 millions d’euros dans le contexte du lancement des concertations locales «Notre école, faisons-là ensemble ». «Les projets approuvés par les rectorats seront financés très rapidement, a-t-il promis. Lancez-vous ! il y a de quoi faire ! », notamment pour organiser la «modularité » du mobilier et des salles de classe.

Une élue a saisi la balle au bond en rappelant au ministre que cette modularité bute sur un obstacle : l’appréhension des enseignants à partager «leur » salle de classe. «Je serais ravie qu’une note [du ministère de l’Éducation nationale] soit diffusée pour expliquer les choses », lui a-t-elle suggéré.

Vers des écoles plus inclusives

Des écoles modulaires, c’est aussi la réponse à «une école plus inclusive », a souligné la députée du Val-d’Oise, Cécile Rilhac. Mais pour les communes, l’ambition d’une école inclusive bute sur le soutien aux élèves en situation de handicap par les accompagnants (AESH). En raison de leur nombre insuffisant et du manque de moyens lié à l’articulation entre les temps scolaires (où les AESH sont pris en charge par l’Éducation nationale) et périscolaires (où ils sont à la charge des collectivités). Le ministre a reconnu la nécessité de sortir de l’impasse.

Dans l’interview accordée à Maire info (voir ci-dessous), dans la foulée du forum, il a semblé privilégier la mise à disposition par l’Éducation nationale des AESH sur le temps périscolaire, dans le cadre d’une convention avec les communes. Ce qui irait dans le sens des propositions de l’AMF.

  • Retrouvez la vidéo de l'interview de Pap Ndiaye, ministre de l’Éducation natitionale et de la jeunesse, par Maire info, ci-dessous :


Le recrutement des AESH pose par ailleurs le problème de l’attractivité des métiers de l’animation. Comme l’a expliqué le maire de Ger (64), Jean-Michel Patacq : «trouver des accompagnants formés, pour deux heures par jour, quatre jours par semaine, c’est loin d’être évident ! »

Des communes comme Poitiers (86) ont mis sur pied une politique pour «attirer notamment les plus jeunes » vers ces métiers et surtout «essayer de les garder », a expliqué sa maire, Léonore Moncond’huy. Mais aucune commune n’affirme détenir de solution infaillible.

« Attirer et fidéliser », c’est bien le «double enjeu », a approuvé la secrétaire d’État chargée de la Jeunesse et du Service national universel, Sarah El Haïri. Laurent Bonnaterre, maire de Caudebec-lès-Elbeuf (76), chargé de présider les travaux du comité de filière sur les métiers de l’animation, a promis à ses homologues de rendre des «recommandations volontaristes à la ministre » sur le sujet.

Delphine Labails a, pour sa part, profité du forum pour remettre sur la table du ministre la signature attendue depuis 2019 de la charte nationale sur les ATSEM. Une charte que l’Éducation nationale n’a jusqu’ici toujours pas signée.
 

Des partenariats à (re)construire !

Le ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, Pap Ndiaye, revendique une nouvelle méthode. Pour lui, les communes «sont des partenaires de l’école » et non des «opératrices d’instructions de l’Éducation nationale ».

C’est pour cela qu’il a créé «l’instance de concertation avec les associations de collectivités ». Il souhaite également un «acte II de l’école inclusive ». C’est l’enjeu de la «grande réflexion engagée autour de la Conférence nationale du handicap » qui se tiendra au printemps prochain. Avec pour objectif de «réfléchir à une meilleure articulation entre le médico-social et l’école ».

 

 

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