Europe
01/10/2026
Agriculture Environnement Europe Sécurité - sécurité civile

Europe : l'adaptation au changement climatique érigée en priorité

Préservation de l'eau, lutte contre les vagues de chaleur, assurance des risques, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a exposé ses priorités.

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, veut créer « une alliance pour l'assurance des risques climatiques ».
La canicule et les feux de forêt ont tenu une place importante du traditionnel discours sur l’état de l’Union européenne prononcé par Ursula von der Leyen, devant le Parlement européen, le 16 septembre. «Un moment de vérité », a déclaré la présidente de la Commission européenne pour qui «l’Europe peut, doit et va maintenir le cap sur ses objectifs climatiques » mais aussi renforcer sa réponse sur le plan de l’adaptation.

Après avoir longtemps focalisé son action sur l’atténuation du changement climatique, elle fait désormais de l’adaptation une priorité de la fin de son second mandat (en 2029). «Nous devons considérablement renforcer notre préparation », a-t-elle exhorté les parlementaires. Fin octobre (normalement le 28), la Commission présentera un nouveau cadre européen sur la résilience climatique. «Nous identifierons 100 des territoires les plus vulnérables d’Europe. Nous évaluerons les risques, ainsi que le niveau auquel ils doivent être gérés », a indiqué Ursula von der Leyen.

Pas de détail sur le contenu ni sur les (éventuels) budgets alloués, mais la Commission envisage une approche «englobant l’ensemble de la société, jusqu’au niveau local, où l’adaptation est la plus importante ». La veille, lors d’un débat sur les vagues de chaleur et la sécheresse en Europe, la commissaire chargée de l’état de préparation et la gestion des crises, Hadja Lahbib, avait également mentionné ce futur cadre de résilience. Elle avait cité «les activités de protection et de restauration de la nature », la création de paysages résilients face à l’eau, la modernisation des infrastructures hydrauliques en Europe.

Ursula von der Leyen a aussi évoqué des «lacunes » du côté des assurances. «Aujourd’hui, en Europe, seuls 25 % environ des pertes dues à des catastrophes sont couvertes par une assurance privée. Bien trop souvent, ce sont les budgets nationaux qui font office d’assureur de dernier recours. » Elle entend donc mettre en place une «alliance pour l’assurance des risques climatiques ».
 

Canicule : renforcer l'alerte

Deux autres annonces sont encore à retenir. L’exécutif européen, a dit sa présidente, présentera, «prochainement », un plan européen de lutte contre les vagues de chaleur. «Nous avons besoin de systèmes d’alerte précoce plus efficaces et d’une meilleure préparation sanitaire. Nous avons besoin d’adaptation et de refroidissement au niveau des zones urbaines. Et nous devons soutenir les plus vulnérables. » Une nouvelle initiative européenne pour l’eau est aussi en préparation – le calendrier n’a pas non plus été précisé (lire ci-dessous). Elle s’attachera à répondre aux risques de pénurie pour les agriculteurs et l’industrie. Il s’agira notamment de limiter la déperdition de la ressource qui représente «près d’un quart du volume d’eau dans les canalisations européennes, principalement à cause de fuites. Un énorme gâchis ».

Ursula von der Leyen est aussi revenue sur les incendies de forêt de l’été. Si la Commission est «très fière de la manière dont l’Europe a réagi », avec la mise en commun de moyens européens, «nous devons voir plus grand. Et apprendre plus vite », estime-t-elle. Elle a demandé «à certains des pompiers et intervenants d’urgence les plus expérimentés d’Europe » d’examiner «tous les aspects de la préparation et de la prévention ». Ils formuleront de nouvelles propositions, notamment sur la création d’une future flotte européenne de lutte contre les incendies.
 

Eau : création d’une plateforme 
La Commission européenne a lancé, le 21 septembre, une «plateforme des parties prenantes sur la résilience de l’eau », en partenariat avec le Comité européen des régions. La plateforme, qui doit réunir les autorités locales et régionales, les États, la société civile et le secteur privé, est chargée d’identifier les obstacles à la mise en œuvre de la stratégie pour la résilience dans le domaine de l’eau, adoptée par l’exécutif européen en juin 2025, mais aussi de proposer «des solutions pratiques » pour y remédier.
Pour parvenir à la résilience face aux aléas de l’eau d’ici à 2050, la stratégie européenne fixe trois objectifs : «restaurer et protéger le cycle de l’eau ; construire une économie de l’eau intelligente ; garantir l’accès à l’eau potable et à l’assainissement à un coût abordable pour tous ».  

 

Par Isabelle Smets
n°449 - OCTOBRE 2026