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08/09/2026
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Sécurité civile : le gouvernement ne répond pas aux attentes des pompiers

Le projet de loi de modernisation de la sécurité civile, présenté par l'Etat aux organisations représentatives des sapeurs-pompiers professionnels et personnels des service d'incendie et de secours (SIS), le 8 septembre, « ne comporte pas les mesures permettant de répondre aux fragilités structurelles de notre modèle », estime l'intersyndicale. Elle lance une grève nationale jusqu'au 20 octobre.

L'intersyndicale organisera une manifestation dans Paris, le 28 septembre. Objectif, « obtenir des réponses à la hauteur de l'affaiblissement de la sécurité civile et de notre système de secours".
« Nous sommes déçus et en colère », a résumé Xavier Boy, le porte-parole de l’intersyndicale des sapeurs-pompiers* et président de la FA SPP-PATS, lors d’un point presse, le 8 septembre, au sortir d’une réunion au ministère de l’Intérieur au cours de laquelle le directeur général de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC) leur a présenté le projet de loi de modernisation de la sécurité civile.

Ce texte, dont le gouvernement n’a pas précisé la date de présentation en conseil des ministres, devait être la traduction législative du «Beauvau de la Sécurité civile », dont le rapport de synthèse a été présenté il y a un an (lire Maires de France).  

Aucune réponse concrète

Las… Insuffisance des effectifs de professionnels, absence de financement durable des Sdis et de la sécurité civile, dégradation des conditions de travail, protection insuffisante de la santé des sapeurs-pompiers, ce texte n’apporte, selon les syndicats, aucune réponse concrète aux problèmes déjà soulevés par leurs organisations représentatives, le 13 août (lire Maire info du 1er septembre).

« Le projet de loi est un texte d’affichage qui ne comporte pas les mesures essentielles permettant de répondre aux fragilités structurelles de notre modèle, de garantir l’égalité des citoyens face à la distribution des secours et de préparer la sécurité civile aux crises de demain », affirme Xavier Boy. «Le volet du texte relatif au traitement des feux de forêts n’a même pas été présenté aux syndicats », déplore Rémy Chabbouh, représentant du syndicat SUD SDIS, alors la France a connu un nombre record de feux de forêt depuis le début de l’année.

Grève nationale jusqu’au 20 octobre

L’intersyndicale a donc confirmé le lancement d’une grève nationale à compter du 8 septembre (le mouvement n’aura pas d’impact sur les secours car des réquisitions sont possibles, précisent les syndicats), qui se poursuivra jusqu’au 20 octobre «jour du vote de l’Assemblée nationale sur le projet loi de finances pour 2027 » dans lequel le gouvernement doit dévoiler les mesures financières sur la sécurité civile.

L’intersyndicale tiendra également une permanence, jour et nuit, sur le champ de Mars, à Paris, à partir du 27 septembre, «pour répondre aux questions des Français » et les sensibiliser aux enjeux : «Le délai moyen d’intervention s’est allongé de 3 minutes entre 2014 et 2025, ce qui est fatal en cas d’arrêt cardiorespiratoire, explique Rémy Chabbouh. Et «selon le lieu où vous habitez, selon l’heure à laquelle vous appelez, selon la disponibilité locale des effectifs, vous ne bénéficiez plus du même niveau de protection », alerte Xavier Boy. 

L’intersyndicale organisera une manifestation dans la capitale, le 28 septembre. Objectif, «obtenir des réponses à la hauteur de l’affaiblissement de la sécurité civile et de notre système de secours, indique le porte-parole de l’intersyndicale. «Les sapeurs-pompiers attendent des actes à la hauteur des missions exponentielles qui leur sont confiées. Nous faisons grève pour la population et non pas pour obtenir des primes ». 

Les attentes des sapeurs-pompiers

Les syndicats souhaitent une augmentation du recrutement des sapeurs-pompiers professionnels à hauteur de «21 000 agents » dans un contexte où «le nombre annuel d’intervention a progressé de plus de 700 000 en 15 ans », une «redéfinition de la place du volontariat » qui «doit rester un engagement libre et complémentaire » et non «compenser le manque d’effectifs professionnels » alors que «61 % des centres de secours sont aujourd’hui armés uniquement par des volontaires », une prise en compte des risques sanitaires auxquels les agents sont exposés (notamment sur le plan respiratoire) avec des moyens de prévention, des équipements (masques…) et une organisation du temps de travail adaptés.

Ils veulent une réforme du financement des SDIS, et un recentrage de leur activité sur la prévention et la réponse aux crises alors que leurs missions sanitaires (secours et transport préhospitalier) constituent 80 % environ de leurs interventions.   

« Le gouvernement doit revoir sa copie (…) et écouter les professionnels de terrain que nous sommes pour construire un service public de secours capable de répondre aux crises d’aujourd’hui et de demain », estime l’intersyndicale, qui n’a pas, à ce stade, une nouvelle date de rendez-vous avec le ministère de l’Intérieur. «Il faut cesser la procrastination en cours depuis le Beauvau de la sécurité civile sinon le mouvement va se durcir dans les casernes », prévient Rémy Chabbouh. 

*L’intersyndicale réunit 8 syndicats (FA SPP-PATS, CGT des SDIS, SNSPP-PATS, SUD SDIS, FO-SIS, UNSA sapeurs-pompiers, SPASDIS-CFTC et CFDT SDIS).
 

Xavier Brivet
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