Une problématique à laquelle doivent répondre le plus souvent les intercommunalités, fortes de leurs compétences en matière de collecte et de gestion des déchets, en concertation avec les communes sinistrées qui gèrent les situations d’urgence et la salubrité lors de la crise. Cette prise en charge est d’autant plus impérieuse que les déchets souillés, s’ils sont entreposés ou traités dans de mauvaises conditions, peuvent entraîner des risques sanitaires et environnementaux (aux déchets ménagers s’ajoutent potentiellement des déchets dangereux).
À événement exceptionnel, mesures exceptionnelles. «Val de Garonne Agglomération a vu 20 de ses 43 communes reconnues en état de catastrophe naturelle, et s’est rapidement mobilisée », explique Marie-France Bonneau, qui était alors vice-présidente de la CA en charge de la transition écologique et du développement durable. En moyens humains tout d’abord «grâce à une forte solidarité. Bon nombre de bénévoles, y compris des élus, sont intervenus pour venir en aide aux sinistrés, notamment pour la récupération de leurs déchets ».
Sur le plan logistique ensuite. En concertation avec les communes les plus impactées, 24 bennes ont été installées par la communauté dans 10 communes : elles ont permis de recueillir 204 tonnes de déchets (déchets d’équipements électriques et électroniques – DEEE –, meubles, bois et tout venant). Les éco-organismes (Ecosystem pour le recyclage des DEEE et Éco-Mobilier [devenu Ecomaison] pour celui du mobilier usagé), qui doivent reprendre sans frais les déchets post-inondation relevant de leurs compétences, se sont également mobilisés.
Parallèlement, du 18 février au 15 mars, les déchetteries intercommunales réparties sur le territoire communautaire ont toutes augmenté leur volume de dépôt autorisé (5 m3 au lieu de 1 m3), tandis que les déchetteries de Meilhan-sur-Garonne et du Mas d’Agenais ont accordé des créneaux d’ouverture supplémentaires.
Appel a aussi été fait auprès des prestataires extérieurs comme la déchetterie professionnelle Tri Garonne Environnement. Situé à Marmande, «le site a battu son record d’affluence en enregistrant, le 25 février, 526 passages contre 200 à 250 habituellement à cette période de l’année », explique Marie-France Bonneau.
Au total, les chiffres donnent le tournis avec un surplus de 368 tonnes de déchets collectés dans l’ensemble de ces déchetteries par rapport à 2025, auxquelles s’ajoutent les déchets enfouis et ceux collectés dans les bennes des éco-organismes. Val de Garonne Agglomération a débloqué 25 000 euros pour la location de camions assurant notamment le transfert des déchets qui ne pouvaient pas avoir d’autre issue que la mise en décharge au site d’enfouissement de Monflanquin, géré par Valorizon, le syndicat départemental de traitement et de valorisation des déchets ménagers. Ce dernier a pu bénéficier d’une exonération de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) appliquée à l’enfouissement des déchets issus de catastrophes naturelles.