Lors d’un point presse, le 24 juin, les deux élus ont rappelé que les collectivités «contribuent massivement » à l’assainissement des finances publiques «puisque 82 Md€ ont été prélevés sur la dotation globale de fonctionnement (DGF) des communes et intercommunalités depuis 2009 » (non-indexation sur l’inflation et baisse de l’enveloppe).
Outre la baisse des dotations de l’Etat, les collectivités subissent la baisse de ses crédits d’investissement (DETR, DSIL, fonds vert) et «toutes les dépenses nouvelles imposées par l'Etat, comme les revalorisations indiciaires, l'explosion des cotisations CNRACL, les transferts de charges non compensés et la multiplication des normes coûteuses ». Des ponctions supplémentaires «de 7,7 Md€ en 2025 et 5,3 Md€ en 2026 », évalue l’AMF.
Comparant ces prélèvements à une «arme de destruction massive de l’autonomie des collectivités », selon l’expression d’André Laignel, les deux élus constatent qu’ils sont d’autant plus injustifiés que la dette des collectivités «est stable depuis 30 ans, à 9 % du PIB. Elles ne représentent que 20 % de la dépense publique ».
Dans ce contexte, «redresser les finances publiques nécessite avant tout le redressement des comptes de l'Etat et des comptes sociaux », estime David Lisnard.
Car si rien ne change, de nouvelles ponctions sur les budgets locaux «auront des conséquences désastreuses, préviennent les représentants de l’AMF : le transfert de la dette de l'État vers les collectivités, déjà amorcé en 2025, donc une aggravation de la dette publique ; le ralentissement des investissements (...) alors que les collectivités portent 70 % de l’investissement public, et la dégradation des services publics du quotidien ».
« Contrairement à ce que l’Etat laisse entendre, les élus ne sont pas des agents de la récession qui dépensent à tort et à travers, mais les principaux acteurs de la relance économique », a résumé André Laignel.
L’AMF demande à l’Etat de stabiliser ses dotations, de ne pas reconduire le DILICO en 2027, de préserver le FCTVA pour soutenir l’investissement local, de compenser intégralement les charges transférées et de supprimer les normes coûteuses.
A moyen terme, David Lisnard et André Laignel jugent incontournable une remise à plat de la DGF et de la fiscalité locale (lire ci-dessous) pour «garantir l’autonomie financière et fiscale des collectivités ».