« Nous avons un domaine hôtelier de luxe, situé en partie sur la commune, qui a accueilli, les 26 et 27 mars, le G7 des ministres des Affaires étrangères, représentant les principales puissances pour échanger sur la guerre en Iran. Avons-nous vécu “sous cloche” ? Non, cela s’est bien passé et, peut-être, jamais le village et la forêt ne furent aussi calmes ! Cela ne signifie pas que tout fut géré par le Quai d’Orsay. Mais entre terrorisme et altermondialistes, les services de l’État avaient beaucoup de craintes et ils ont remarquablement travaillé.
De mon côté, j’ai eu ma “petite” part dans ce concert international et une telle mise en lumière sur le village fut bienvenue, même si je ne la cherche pas car je crains le surtourisme puisque nous sommes déjà bien connus (1). Tout de même, Cernay, capitale des négociations diplomatiques du monde, quel panache ! »
« Tout a commencé en janvier, lors de la cérémonie des vœux, lorsque Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, qui fut député de notre circonscription, m’a annoncé son intention d’organiser le G7 à Cernay-la-Ville. Je panique car je ne vois pas de salle pour accueillir ce sommet. Mais il me dit penser au domaine hôtelier – une ancienne abbaye du XIIe siècle en milieu de forêt. Il m’est alors demandé la plus grande discrétion.
À l’approche du sommet, tout s’accélère. Les services préfectoraux me demandent de fermer la route départementale qui dessert l’abbaye. Je signe l’arrêté et une collaboratrice du ministre m’invite à assurer l’accueil républicain du gouvernement. Le jour J, j’oublie mon écharpe tricolore et, en urgence, je retourne la chercher en mairie ! »
« Pendant deux jours, je peine à croire que les dirigeants sont là. La route fermée, des drones ou des gendarmes à cheval patrouillent. La préfecture m’a aussi demandé de laisser l’éclairage public la nuit. Somme toute, peu de fonctionnaires, journalistes ou militaires viennent dans nos commerces ; ils sont confinés ou basés dans un village voisin ou à Paris. Pas même de cortège de voitures.
Que s’est dit-il dans l’abbaye ? Ce sont les médias qui nous l’apprennent même si cela se passe à quelques encablures ! Ce fut néanmoins une expérience intéressante qui m’a consolée des inondations effroyables qui nous ont frappés l’an dernier. Surtout, le sommet a hissé notre image au niveau planétaire. Mon seul regret : ne pas avoir pu pavoiser la mairie mais la discrétion nous était demandée. »
(1) Cernay-la-Ville a accueilli des centaines de peintres du XIXe siècle qui ont valorisé ses décors naturels et minéraux – notamment les Vaux-de-Cernay.