En ouvrant plus largement la protection aux élus victimes, la loi accroît mécaniquement la probabilité de contentieux entre élus. Un élu d’opposition qui s’estime diffamé en séance peut désormais obtenir la protection de la commune pour agir en justice. À l’inverse, le maire mis en cause ne bénéficie toujours pas d’un droit automatique à la protection fonctionnelle. Comme l’a rappelé la CAA de Versailles le 3 octobre 2025, des propos jugés excessifs peuvent être qualifiés de faute personnelle, excluant toute prise en charge par la collectivité, même en l’absence de condamnation pénale.
En cas de mise en cause, la protection fonctionnelle reste réservée aux seuls élus titulaires d’une fonction exécutive, et sous réserve que le conseil municipal estime qu’aucune faute personnelle n’a été commise. Une appréciation parfois délicate, source de risques financiers et juridiques importants, même pour les élus de bonne foi.
Dans un contexte renforcé d’exposition médiatique et judiciaire, la souscription d’une assurance personnelle apparaît comme une précaution indispensable pour les élus locaux. Elle permet de garantir une prise en charge supplémentaire et immédiate de la défense, indépendamment des aléas d’une délibération du conseil ou de l’interprétation du juge administratif. À l’heure d'une judiciarisation croissante de l'action publique locale, l’assurance personnelle n’est plus seulement un confort : c’est un outil essentiel de sécurisation de l’exercice du mandat.
Pour mieux comprendre les différences entre protection fonctionnelle et protection personnelle, consultez l’infographie en ligne