« Au début, cela se présente comme une bonne nouvelle. Il y a trois ans, j’apprends que la paroisse ne veut plus organiser de messe dans la chapelle Notre-Dame du Fer située sur notre commune. Et je comprends qu’elle entend nous donner l’édifice pour l’euro symbolique. J’y suis favorable évidemment. Nous trouverions une utilisation à ce lieu qui est en bon état.
Mais la proposition tourne court : la paroisse s’est fourvoyée, elle n’est pas propriétaire du bâtiment, et c’est à l’évêché, qui détient le terrain, de décider. Or ce dernier veut vendre et pas à n’importe quel prix : 100 000 euros. »
« Devons-nous acheter ? Notre budget est modeste. Dans le même temps, la population et les défenseurs du patrimoine montent au créneau. Ils craignent que la chapelle, vendue à des intérêts privés, soit rasée ou occupée par un commerce. Il y a des articles sur Facebook et dans la presse, des manifestations s’organisent. La chapelle est, il est vrai, plus qu’un édifice religieux : c’est un pan de la mémoire de Chaligny. Elle a été construite par des mineurs, des ouvriers de l’acier et des habitants dans les années 1950. Elle renvoie à notre identité sidérurgique.
Un écho me parvient : l’évêché aurait deux “propositions d’achat” dont l’une à 140 000 euros. Que faire ? Les Domaines me donnent leur évaluation : 58 000 euros. Avec mes collègues, nous décidons que la chapelle doit entrer dans le domaine communal. Il y a urgence. J’appelle l’évêché. Le vicaire général devient mon interlocuteur. »
« Courant 2024, la négociation démarre. Les “acheteurs” ont-ils revu leur dossier ou compris qu’ils dépendraient de nous pour la transformation des locaux ? En tout cas, le climat est favorable pour nous. Les réunions s’enchaînent. La commune n’aura pas la chapelle pour l’euro symbolique. Mais l’évêché fait un bel effort. Il écarte les propositions privées et accepte l’estimation domaniale de 58 000 euros pour base de discussion avec nous. En plus, il réduit ce prix de 8 000 euros car la chapelle nécessitera des travaux.
Fin 2024, nous signons donc sur la base de 50 000 euros. Comme l’intercommunalité nous aide à hauteur de 50 %, cela ne coûte à la mairie “que” 25 000 euros. Que va devenir la chapelle ? Cette année [2025], le marché de Noël et des conférences s’y sont tenus. Mais il nous faut un projet. La mairie réfléchit avec les personnes qui se sont manifestées. Un “comité de pilotage” nous réunit. La feuille de route de mon successeur s’écrit. »