L’appellation Coren-les-Eaux fait référence à la source d’eau ferrugineuse, Font-de-Vie, exploitée à l’époque gallo-romaine et au début du siècle dernier. «Étudier cette source, connue pour ses vertus médicinales, nous a rappelé que des ex-voto (pièces de monnaies, statuettes) datant de l’époque antique y avaient été trouvés à l’occasion de fouilles archéologiques. Le début de la redécouverte de notre patrimoine », retrace l’élue.
Patricia Rochès, qui a grandi dans une famille comptant plusieurs maires, a fait ses premières armes en tant que maire adjointe à la culture et au patrimoine de Saint-Flour (2008-2014), ville située à quelques kilomètres de Coren et labellisée Pays d’art et d’histoire. «J’ai, à cette occasion, accompagné une équipe de télévision venue filmer le viaduc de Garabit réalisé par Gustave Eiffel en 1888. Encore la redécouverte d’un joyau que je voyais alors simplement comme le point de départ pour une balade ! », souligne celle qui a fondé l’association «Les Amis du viaduc de Garabit ».
Passionnée, elle fonde en 2008 une maison d’édition, «La Vache qui lit », afin d’intéresser les plus jeunes à l’histoire des lieux, principalement en Auvergne.
Maire de Coren depuis 2014, réélue en 2020, elle a consacré une partie du mandat qui s’achève (Patricia Rochès ne se représentera pas) à la mise en valeur des «trésors » locaux du village, en s’appuyant sur un comité de pilotage réunissant élus et citoyens.
Aucun de ces éléments n’est encore inscrit aux Monuments historiques, précise-t-elle. Mais la liste est impressionnante : en plus des vestiges gallo-romains (dont certains sont exposés dans des musées du département), il y a les restes d’un château sur les hauteurs de la commune datant du XVe siècle, des puits, des abreuvoirs, un lavoir, un moulin à vent, un four, un corbillard communal… «Chaque élément raconte la vie des habitants au XIXe et au début du XXe siècle ».
La démarche a intéressé divers partenaires parmi lesquels l’Université Savoie Mont Blanc, qui a réalisé une monographie de la commune, un projet financé par la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) Auvergne Rhône-Alpes. «Notre idée initiale était de bâtir un parcours de découverte, mais d’importants travaux à réaliser dans le bourg nous en ont empêchés, explique l’élue. Nous avons alors opté pour la réalisation d’un livret très détaillé, envoyé à chaque foyer, complété par une exposition installée, en septembre, à la mairie, intitulée “En quête de trésors, les coulisses d’une découverte patrimoniale”. Sans oublier l’école qui s’est emparée du sujet pour le rendre accessible aux plus jeunes. »
L’initiative a été soutenue financièrement par le programme européen Leader, l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) et le département du Cantal. «En plus de la responsabilité collective de préserver ces trésors, ce livret est une invitation à réfléchir à la façon dont nous habitons notre espace quotidien », ajoute l’élue. Il s’agit d’un support accessible pour rassembler les habitants.
Convaincue que le patrimoine de Coren est «riche », la maire ne fait pas pour autant de sa commune une exception : «Toute commune a ses propres trésors ». Fière de cette réalisation, Patricia Rochès continue de se consacrer au dossier de changement de nom de sa commune.