« Sur le territoire du bassin montilien, il n’y a pas à proprement parler d’explosion du phénomène : la présence des frelons asiatiques reste stable et sous contrôle », assure Christel Falcone, maire de Rochefort-en-Valdaine (370 habitants, 26) et vice-présidente chargée de l’environnement à Montélimar agglomération. Reste que le frelon asiatique est porteur de deux menaces : son impact fort sur la biodiversité en raison de la prédation qu’il exerce sur de nombreux insectes, dont les abeilles, et sa dangerosité pour l’homme quand la colonie est dérangée. Au niveau national, il est classé comme espèce exotique envahissante et inscrit sur la liste des dangers sanitaires de deuxième catégorie nécessitant des mesures obligatoires de surveillance, de prévention et de lutte.
La destruction des nids doit impérativement s’effectuer dès le printemps (lire ci-dessous). «Le respect du protocole est déterminant. Tout propriétaire ou même locataire qui suspecte la présence d’un nid de frelons doit prendre une photo et envoyer un signalement à la plateforme dédiée (www.frelonsasiatiques.fr). Le signalement déclenchera l’intervention d’une entreprise spécialisée, en général un apiculteur agréé, sélectionnée par le Groupement de défense sanitaire (GDS) de la Drôme, et la prise en charge d’une partie des frais d’éradication », explique Christel Falcone. La destruction d’un nid entraîne en effet des frais variant entre 100 et 150 euros selon la complexité de l’intervention.
Depuis 2017, Montélimar agglomération (27 communes, 68 883 habitants) mène une lutte active contre la prolifération des frelons asiatiques. Elle consacre un budget de 5 000 euros au financement d’une partie de la prise en charge des destructions de nids sur le domaine privé des habitants de ses communes membres. Elle a signé une convention avec le GDS de la Drôme et incite les communes à s’engager à ses côtés.
Au total, «20 communes de Montélimar agglomération ont répondu favorablement en délibérant pour accorder une aide, a minima, de 25 euros par destruction de nids, précise Cristel Falcone. Mais rien ne les empêche de prendre en charge la totalité du coût pour les particuliers. Je le fais dans ma commune car la destruction des nids est essentielle. »
Le département de la Drôme participe également et à hauteur de 25 euros par destruction de nids. En 2022, 33 nids ont ainsi été détruits dont 14 sur la seule ville de Montélimar, «ce qui, selon Christel Falcone, s’explique par le fait qu’elle abrite les quais du Rhône, lieu propice à la biodiversité ». Le GDS 26 précise qu’en 2024, «plus de 400 destructions » ont été financées.
La détection des nids est un point essentiel. Dans la convention qui le lie aux communes, le service apicole du GDS 26 propose de former, sur une demi-journée, les agents techniques d’une commune à l’identification des nids. Ces agents complètent ainsi le réseau de sentinelles pour la détection de nids sur le territoire de la communauté d’agglomération.
La communication auprès des habitants n’est pas négligée. Les communes relaient sur leurs réseaux sociaux ou leurs bulletins municipaux des informations sur le sujet ainsi qu’une plaquette éditée par Montélimar Agglo-mération. Une bonne manière de sensibiliser à la problématique du frelon asiatique et aux différentes façons de l’éradiquer.