Pratique
01/01/2020
Équipement

Espaces de stationnement : à chacun sa place

Nouveaux modes de transport et gestion urbaine intelligente invitent à repenser la gestion des espaces de stationnement. Le point sur les dernières nouveautés.

Qu’il semble loin le temps des premiers plans de déplacements urbains (PDU). En l’espace de quelques années, les habitudes en matière de transport ont considérablement évolué. Nouveaux modes de déplacement, développement des véhicules électriques, ou encore entrée en vigueur de la réforme du stationnement en janvier 2018 n’ont pas échappé aux constructeurs qui ont su adapter leurs offres en conséquence. Côté chiffres, selon la Fédération nationale des métiers du stationnement (FNMS), on recense aujourd’hui environ 1,3 million de places réglementées, réparties pour moitié en ouvrages et en voirie. Côté gestion, un peu moins d’une commune sur deux (45 %) opterait pour une délégation de la gestion du stationnement à des opérateurs privés, la majorité d’entre elles préférant encore conserver la main en ce domaine. Un choix qui pose encore une autre question : stationnement gratuit ou payant ? En 2017, la Cour des Comptes soulevait en ces termes la difficulté de l’exercice : « maîtriser le stationnement urbain suppose de résoudre des aspirations contradictoires : d’un côté, le souci de réduire les effets néfastes de l’automobile, d’un autre côté, la réticence à assumer les contraintes qui y sont attachées » (1). 
Depuis, la réforme du stationnement payant est passée par là, permettant aux collectivités locales de contrôler avec plus d’efficacité qu’auparavant le respect de la réglementation en vigueur. 

Stationnement contrôlé

Selon une récente enquête menée par le Groupement des autorités responsables de transport (GART) et le Cerema auprès de 226 villes ayant mis en place la réforme du stationnement payant (2), plus de la moitié des villes concernées proposent une période de stationnement gratuit, 30 minutes le plus souvent. Le coût moyen du forfait post-stationnement (FPS) s’établit à 25 euros, et 80 % des villes l’ayant mis en place ont choisi d’en assurer directement le contrôle en régie. 
Mais qui dit verbalisation, dit moyen de contrôler efficacement la durée du stationnement. En ce domaine, des capteurs intégrés à la voirie permettant aux logiciels de centraliser l’occupation des places, les innovations ne manquent pas. Sans oublier les dispositifs modernes de règlement qui permettent à l’usager de s’acquitter de leur paiement par le biais d’une application sur smartphone. Les opérateurs proposent leur service soit dans le cadre d’un marché public en contrepartie d’une rémunération forfaitaire, soit dans le cadre d’une concession associée à la gestion des parkings, soit encore au travers d’offres dédiées moyennant la souscription d’un abonnement. Une formule choisie à Dijon (21), Grenoble (38), Châtillon (92) ou encore à Cherbourg (50). Grâce à ces applications mobiles, plus besoin de monnaie ni de ticket. En un clic, le paiement peut être effectué et la durée de stationnement prolongée à distance si besoin. Autre atout : ces applications permettent parfois de connaître la localisation des places disponibles via une carte interactive consultable sur son téléphone portable.
Les villes n’hésitent plus par ailleurs à multiplier les espaces de stationnement dédiés aux deux roues, motorisés ou non, mais également aux espaces de covoiturage. Ont ainsi fait leur apparition depuis quelque temps, aux côtés des traditionnels cerceaux pour les motos et des range-vélo abrités, de nouveaux modèles de range-trottinette sécurisables par cadenas ou antivol. 

Des parkings automatisés

À la Ciotat (13), la municipalité a opté pour développer les places de stationnement identifiées pour les deux-roues. 300 places ont été créées à leur intention. «Nos amis amateurs de cycles en tous genres pourront stationner sans risquer de gêner piétons, personnes à mobilité réduite ou circulant avec des poussettes, et être ainsi verbalisés », explique-t-on en mairie.
À Rotterdam (Pays-Bas), c’est un immense parking souterrain qui permet aujourd’hui d’accueillir plus de 5 100 places pour les vélos, doté d’un atelier dédié à la réparation des petites reines. Au Japon, 18 villes ont déjà mis en place des parkings souterrains entièrement automatisés pour contenir l’équivalent de 200 vélos dans des espaces de 50 m2. À Hambourg, une fois déposées à l’entrée du parking, les voitures électriques de dernière génération trouvent toutes seules leur place grâce à une série de capteurs couvrant le parking. 
Enfin, à l’aéroport Paris-Charles de Gaulle, un système de voiturier autonome a été expérimenté dans le parking souterrain. Le dispositif permet aux utilisateurs, après avoir réservé leur place, de confier leur véhicule aux bons soins de Stan, un robot capable de soulever le véhicule afin de le transporter vers une place disponible.                                  

(1) «Le stationnement urbain : un chaînon manquant dans les politiques de mobilité », rapport annuel de la Cour des comptes, février 2017. (2) Réforme du stationnement payant sur la voirie : premiers enseignements, GART, Cerema, février 2019.

En savoir +
Sécurité routière. www.securite-routiere.gouv.fr (rubrique « Réglementation liée à la route »).
Parkopolis, le rendez-vous biennal des professionnels du stationnement et de la mobilité, se tiendra en juin 2021. www.salonparkopolis.com


À retenir
Selon la loi d’orientation des mobilités du 24 décembre 2019, aucun emplacement de stationnement ne peut être aménagé sur la chaussée 5 mètres en amont des passages piétons, sauf si cet emplacement est réservé aux cycles et cycles à pédalage assisté ou aux engins de déplacement personnel.
Cette disposition est applicable lors de la réalisation de travaux d'aménagement, de réhabilitation et de réfection des chaussées, 
et au plus tard le 31 décembre 2026.

Christophe ROBERT
n°375 - janvier 2020