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25/07/2022
Culture

Crolles soutient le spectacle vivant amateur

La commune iséroise (8 300 habitants) implique les associations dans sa politique culturelle notamment en les rapprochant des artistes professionnels.

Dans le cadre du label Scène Ressource, la commune apporte une aide financière aux projets des artistes.
Après de longs mois «sous cloche » en raison de la crise sanitaire et sociale liée à la Covid-19, la culture se porte plutôt bien à Crolles, à moins de 20 km de Grenoble. «à la fin du dernier confinement, nous avons établi le bilan de santé des acteurs culturels du territoire, professionnels comme amateurs, et il était plutôt rassurant, se félicite Didier Gerardo, adjoint au maire à la culture. Pour les professionnels, nous avions mis en place des résidences temporaires qui leur ont permis de continuer de travailler et d’être rémunérés. Pour les groupes amateurs, nous avons maintenu nos subventions mais nous craignions une perte d’adhérents. Ils semblent cependant avoir globalement passé ce cap difficile. »

Au sortir de la crise, la commune souhaite développer son offre culturelle en se basant sur ces deux «communautés ». «Une part de nos habitants travaillent sur Grenoble et sont tentés d’aller aussi s’y divertir en soirée. Nous ambitionnons de leur proposer des événements de même qualité tout en offrant une programmation accessible à tous », confie Didier Gerardo.

La commune peut s’appuyer sur son espace culturel Paul Jargot (3 salles dont 1 auditorium de 480 places), labellisé depuis 2017 «Scène Ressource » par le département de l’Isère. Cette distinction est assortie d’un soutien financier afin de favoriser l’ouverture culturelle au plus grand nombre, notamment dans les petites communes montagnardes.

La commune dispose aussi d’un tissu associatif riche, rapporté notamment à sa taille, «avec deux écoles de musique subventionnées à hauteur de 252 000 euros en fonctionnement et environ cent vingt associations, dont une trentaine dans le secteur culturel », explique l’élu.
 

Médiation culturelle

« Pour entretenir ce tissu associatif riche et tout particulièrement le spectacle vivant amateur, nous disposons de différents leviers : les subventions, l’offre de locaux, les rencontres entre amateurs et, enfin, l’association des professionnels et des amateurs », détaille Didier Gerardo.

« Les groupes amateurs peuvent avoir une tendance à l’entre-soi, comme de n’aller voir que des spectacles amateurs, se produire toujours devant le même public, être dans la comparaison avec le spectacle professionnel. Des habitudes qui peuvent se révéler sclérosantes », constate Dominique Grimault, directeur de l’Espace Paul Jargot.

Et d'ajouter : «Nous essayons ainsi de créer des passerelles entre professionnels et amateurs, sans rien imposer. Chaque année, les élèves de l’école de musique travaillent les chansons d’un artiste à l’affiche de notre programmation culturelle et se produisent sur scène avec lui. Nous invitons également des groupes à assurer la première partie d’artistes reconnus et nous organisons des soirées “jeunes talents” ou encore des stages de perfectionnement. Les artistes professionnels sont partants pour ces rapprochements car ils sont globalement sensibles à leur rôle de médiateurs culturels. »
 

Atteindre tous les publics

En juin, l’Espace Paul Jargot est entièrement dédié aux spectacles de fin d’année des écoles et des associations qui accèdent ainsi à une scène de qualité, avec la même équipe technique que celle dont bénéficient les professionnels : «ils se produisent face à leur public dans les meilleures conditions et sans engager de frais », poursuit le directeur.

Dominique Grimault entend développer, dès la prochaine rentrée culturelle, des actions hors les murs «à la médiathèque, à domicile, dans des cafés, les rues et les parcs. Et surtout là où on ­n’attend pas la culture » pour tenter ­d’atteindre les personnes les plus éloignées de ce domaine. «Pour ce dispositif, nous associerons professionnels et amateurs, qui peuvent tout à fait trouver leur place dans les actions engagées. J’en ai déjà fait l’expérience dans d’autres communes », assure-t-il.
 

Un fonds national pour les amateurs
Le Fonds d’encouragement aux initiatives artistiques et culturelles des amateurs (FEIACA), créé par le ministère de la Culture, soutient une série de projets et d’initiatives portés par les amateurs dans tous les domaines «musicaux, dramatiques, chorégraphiques, plastiques ou visuels », favorisant notamment le rapprochement entre amateurs et professionnels.

L’État peut verser une subvention de « 1 000 à 5 000 euros, dans la limite de 50 % du budget total du projet ». Des compagnies de théâtre ont pu ainsi financer l’intervention d’un professionnel pour préparer leur représentation annuelle.  

www.culture.gouv.fr
[email protected]
En savoir + Mairie de Crolles. Tél. 04 76 08 04 54.
Par Sophie Le Gall
n°403 - JUILLET-AOÛT 2022