Europe
19/07/2022
Europe

Politique de cohésion : un ancrage territorial plus ferme ?

Les états veulent porter une « attention particulière » aux zones rurales. Mais se gardent d'évoquer des pistes précises.

Elisa Ferreira, commissaire européenne chargée de la cohésion et des réformes, et Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, à Luxembourg, le 2 juin 2022.
Bonne nouvelle : les États européens partagent le constat qu’il faut «renforcer la cohésion en l’ancrant plus solidement dans les territoires ».

C’est du moins ce qu’ils disent sur le papier, dans des conclusions adoptées à l’issue d’un Conseil des ministres chargés de la Cohésion, le 2 juin, à Luxembourg. Une réunion présidée par Christophe Béchu, alors ministre délégué chargé des Collectivités territoriales, nommé, le 4 juillet, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires.

Cette réunion devait se pencher sur le 8e rapport sur la cohésion, adopté par la Commission européenne en février, et tracer quelques pistes de réflexion pour la politique post-2027.
 

Des priorités «plus ciblées »

Cette politique, affirment donc les ministres, doit être «fortement territorialisée », notamment dans l’attention qu’elle porte aux zones rurales. Ils citent en exemple les stratégies de développement «permettant de cibler au niveau local les investissements les plus appropriés ».

En réaction, Christophe Béchu n’a pas manqué d’être interpellé, en conférence de presse, sur le mécontentement des acteurs régionaux et locaux français concernant leur faible implication dans l’élaboration et la mise en œuvre du plan de relance. Il a confirmé «la volonté du chef de l’état et de sa Première ministre, Élisabeth Borne, de faire en sorte que la qualité de la concertation avec les collectivités locales soit au cœur des politiques de ce gouvernement.

Les échanges ont permis de démontrer l’attachement de tous les pays à cette politique de cohésion », a aussi assuré le ministre. Les conclusions du Conseil se gardent cependant d’aborder les points qui fâchent, tels le budget ou les bénéficiaires. C’est encore trop tôt, alors que la période de programmation 2021-2027 n’est même pas tout à fait sur les rails – seuls une dizaine d’accords de partenariat entre les états et la Commission ont été adoptés aujourd’hui dont celui avec la France, validé par l’exécutif européen le jour même de cette réunion ministérielle.

Les conclusions se réfèrent aussi à une politique avec «des priorités plus ciblées ». «La convergence vers la transition écologique et vers la transition numérique représentent un enjeu majeur sur lequel l’ensemble des pays se retrouvent », indique Christophe Béchu.

Et puis, bien sûr, il y a la simplification. Le texte souligne la nécessité de «concevoir un ensemble de règles plus simples et plus efficaces ». Mais ici encore, sans évoquer de pistes précises alors que la réflexion est en cours depuis au moins vingt ans.
 

Lire aussi l'article de Maires de France :

I. S.
n°403 - JUILLET-AOÛT 2022